La prise de vue

Mardi 14 novembre 2006

La vitesse et l’ouverture sont les deux paramètres principaux qui vont vous permettre d’exposer correctement vos photos (exposer = capter la bonne quantité de lumière). La vitesse est le temps durant lequel l’obturateur est ouvert ; plus la vitesse est lente, plus l’obturateur est ouvert longtemps, plus on capte de lumière. L’ouverture correspond au diamètre d’ouverture du diaphragme de l’objectif ; plus il est ouvert, plus la lumière passe.

La vitesse se mesure en seconde (dixième, centième de seconde) , l’ouverture est définie par un nombre « f » : f/2.8, f/3.5, f/11. Plus le nombre est grand, plus l’ouverture est petite (f/2.8 désigne donc une plus grande ouverture que f/5.6).

En ajustant ces deux paramètres (souvent l’appareil peut le faire de manière automatique), on obtient donc ce qu’il faut pour obtenir une photo bien exposée. Mais cela serait trop simple s’il n’y avait pas des limites et des contraintes sur chaque réglage… Cela sera l’objet de prochains articles.

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Par Henri
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Mercredi 15 novembre 2006

Dans le précédent article, je vous ai expliqué qu’en réduisant la vitesse d’obturation, on pouvait capter plus de lumière. Mais la vitesse est aussi le paramètre qui va permettre de figer l’instant, et on doit donc l’adapter au sujet de la photo. Si vous prenez un monument, la vitesse n’aura pas d’impact, mais si vous prenez un sujet en mouvement, par exemple une personne en train de marcher, il ne faudra pas aller au-delà d’une certaine vitesse, sinon le sujet sera flou. Par exemple, prendre un coureur à pied avec une vitesse d’une seconde vous donnera un beau flou. En effet, si ce coureur fait 12s au cent mètres, il aura eu le temps de parcourir un peu plus de 8 mètres durant le temps de prise de vue. Il faut donc adapter la vitesse en fonction du sujet.

Mais il n’y a pas que la vitesse du sujet qui est à prendre en compte ; les mouvements du photographe peuvent aussi donner des photos floues. En effet, notre corps bouge en permanence, et donc pour pouvoir rester stable pendant une longue pose, il vaut mieux s’appuyer sur quelque chose (table, mur) ou utiliser un pied photo. En règle générale (mais cela varie beaucoup en fonction des photographes), on peut prendre une photo à main levée jusqu’au 1/20s, voir au 1/15s, en adoptant une position stable (coude bien serrés le long du corps, appareil tenu à deux mains). Certains mécanismes, appelés stabilisateurs, permettent de repousser cette limite. Un stabilisateur est un système qui compense les tremblements du photographe, dans une certaine mesure. Il existe deux types de stabilisateurs mécaniques (stabilisateur optique et stabilisateur de capteur), ainsi que des stabilisateurs numériques, qui dégradent légèrement la qualité de l’image. Avec un stabilisateur, il n’est pas exclu de pouvoir descendre à 1/2s, en faisant vraiment attention.


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Par Henri
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Samedi 18 novembre 2006

L’ouverture du diaphragme définit la quantité de lumière qui passe à travers l’objectif. Cette ouverture est représentée par un chiffre, correspondant à la focale divisée par le diamètre d’ouverture du diaphragme. Plus le chiffre est élevé, plus le diaphragme est fermé, donc moins il capte de lumière. Une ouverture f/11 est moins lumineuse qu’une ouverture f/2.8.

 

Mais l’ouverture joue aussi sur la profondeur de champ. La profondeur de champ est la distance sur laquelle la photo est nette. Une grande ouverture donne une petite profondeur de champ (sujet net, fond flou). Au contraire, une petite ouverture donne une grande profondeur de champ (sujet et fond nets).

 

Exemples :

 

Ici une photo prise à f/16

Ici une photo prise à f/4


On privilégiera donc une grande ouverture pour les photos où le sujet est à mettre en valeur (portrait), et une petite ouverture pour des photos de type paysage.

 

/! ATTENTION : La focale (puissance de zoom) et la distance à laquelle est faite la mise au point (distance du sujet) influent aussi sur la profondeur de champ.

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Par Henri
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Lundi 20 novembre 2006
J'ai créé un compte Flickr pour mettre certaines de mes photos. L'intérêt est surtout que sur certaines photos, en cliquant dessus, puis, sur la droite, sur "more properties", vous pourrez avoir accès aux réglages utilisés. La première série est une série de Nuit de la ville du Havre (enfin une partie).

Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

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Par Henri
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Mercredi 22 novembre 2006

En photographie, le terme sensibilité désigne la sensibilité d’une surface sensible (capteur ou film). On parle de sensibilité ISO car cette échelle a été définie par l’Organisation internationale de normalisation (International Organization for Standardization). Cette normalisation a en fait reuni les deux anciennes normes ASA et DIN en les combinant. Un film 200 ASA (24 DIN) vaut ISO 200/24. Mais dans le langage courant, on parle encore en ASA.

 

Concrètement, la sensibilité va permettre de capter, à réglage identique (vitesse, ouverture, focale) plus ou moins de lumière. Plus la sensibilité est élevée, plus on capte de lumière. Par conséquent, la sensibilité va être mise à contribution lorsque l’on doit jouer sur la vitesse (sujet qui bouge) ou sur l’ouverture (profondeur de champ), en gardant la même exposition.

 

Quelques exemples (réglages identiques, seule la sensibilité change) :


ISO 200


ISO 400


ISO 800

Malheureusement, l’augmentation de la sensibilité apporte son lot d’inconvénients : apparition de bruit, de grain qui dégradent la photo. C’est pourquoi on préfèrera privilégier une basse sensibilité autant que possible.

 

            Usage classique :

    100 – Extérieur ensoleillé, flash dans une petite pièce

    200 – Nuageux, flash dans une grande pièce

    400 – Intérieur sans flash

    800 – Basse luminosité

    1600, 3200 – Spectacles, nuit

 

             Ces paramètres sont indicatifs, on peut très bien utiliser du ISO 100 pour une photo de nuit, à condition de faire de la pose longue (par exemple). On utilisera des hautes sensibilités pour les photos ou le sujet est en mouvement (sport), afin de pouvoir utiliser une vitesse rapide.

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Vendredi 24 novembre 2006

Tout d'abord, veuillez m'excuser, je n'ai pas eu le loisir de prendre quelques photos pour illustrer l'article qui va suivre.


Pour réussir une bonne photo, un des points clés est la composition de l’image. Composer, c’est former un tout de plusieurs partie. La composition se fera en déplaçant les différents éléments, en choisissant un point de vue adéquat, en jouant sur la focale (le zoom) pour cadrer son image. Pour un paysage, à moins d’être paysagiste et de disposer d’un peu de temps, on préférera trouver un bon point de vue plutôt que de déplacer les arbres ; à contrario, pour un portrait, c’est le sujet qui se déplacera selon les demandes du photographe.

Dans tout les cas, il vous faut d’abord un élément dominant, le sujet de votre photo : un bâtiment, une personne, un coucher de soleil, etc. La photo pourra aussi contenir des éléments secondaires (qui pourraient être l’élément principal d’une autre photo), mais ceux-ci doivent jouer le rôle de « faire-valoir » du sujet, pour le mettre en valeur ou apporter une précision (ambiance, localisation etc.). A partir de là, il faut donc placer les éléments secondaires en fonction de l’élément principal, celui-ci devant rester privilégié.

 

Où placer le sujet ?

 

N’importe où sauf au centre !! Une image contient quatre points forts, situés à l’intersection des lignes (imaginaires) découpant l’image en trois, en hauteur et en longueur. En plaçant le sujet à l’un de ces points, il attirera naturellement l’œil, et évitera le piège de la composition symétrique, bien souvent banale et sans vie. Toujours à propos de ces lignes qui découpent l’image en trois (que l’on peut appeler lignes de force), on préférera aligner l’horizon (dans le cadre d’un paysage) sur l’une de ces lignes, toujours pour éviter ce problème de symétrie. Un horizon aligné sur la ligne inférieur mettra en valeur le ciel (coucher de soleil, formation nuageuse), alors qu’en l’alignant sur la ligne du haut, on mettre en valeur la terre ou la mer.

 

Enfin, ne pas oublier qu’une bonne image est harmonieuse, une relation doit se créer entre les différents éléments. Cela peut être une harmonie du sujet (mer, galets, mouette, bateau), une harmonie des couleurs, des lignes, etc…

 

Tous ces conseils sont très généraux, et doivent vous servir de balises plutôt que de limites, les seules limites à avoir sont celles de l’intuition et de la créativité.


 

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Par Henri
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Samedi 25 novembre 2006

            Vous êtes à une petite soirée avec des amis, vous avez votre nouvel appareil photo dernier cri, vous prenez donc des photos. Au flash bien sur, car l’ambiance lumineuse est sombre. Et là, c’est le drame : tous vos amis ont des yeux de lapin shooté au LSD… Comment se fait-ce ?


Tout d’abord, rappelons deux notions relatives à l’œil. La pupille est le trou situé au milieu de l’iris ; la taille de la pupille est contrôlée par la contraction de l’iris, pour régler la quantité de lumière entrant dans l’œil (réflexe pupillaire). Moins il y a de lumière, plus la pupille est ouverte, afin de capter assez de lumière pour y voir clair. La rétine est la partie sensitive de la vision, qui capte la lumière pour la transformer en un signal qui sera interprété par le cerveau. La rétine est très riche en sang.

            Fort de ces informations, nous pouvons maintenant comprendre le pourquoi de ces yeux rouges. En effet, dans une ambiance sombre, nous avons la pupille dilatée. L’éclair provoqué par le flash va donc éclairer directement la rétine, et donc le sang présent dans celle-ci, provoquant cet effet d’yeux rouges.

            Pour y remédier, il y a trois solutions. La première, la moins efficace, est le système anti-yeux rouges de l’appareil. L’appareil envoi plusieurs éclair successifs avant la prise de vue dans le but de faire fermer la pupille. Malheureusement, les gens réagissent plus ou moins rapidement à ces éclairs, et certains n’auront pas leur pupille fermée au moment du déclenchement. La deuxième est l’utilisation d’un flash externe ; celui-ci étant excentré, il n’éclairera pas le fond de l’œil, et donc, pas d’yeux rouges. Mais ce n’est valable qu’avec un reflex ou un bridge acceptant un flash externe. Troisième solution, la retouche numérique. La plupart des logiciels du marché ont une fonction anti-yeux rouges très efficace.


 

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Lundi 4 décembre 2006

La photo urbaine et nocturne passe pour réservée aux « pros » et semble peu accessible. Pourtant, il est relativement simple d’obtenir de superbes résultats sans trop de difficultés, et l’ambiance particulière se dégageant de ce type de photo procure une véritable satisfaction d’en être l’auteur.

 

Tout d’abord, il faut quand même un minimum de matériel : un appareil photo débrayable (c’est à dire que l’on puisse passer régler manuellement la vitesse et l’ouverture), de type reflex (Nikon D80, Canon EOS 400D, Sony Alpha 100 pour citer les plus connus) ou bridge. Certains compacts « haut de gamme » pourront aussi faire l’affaire. Ensuite, le deuxième accessoire indispensable est le trépied ; en effet, nous allons travailler sur des vitesses lentes, et prendre une photo à main levée dans ces conditions ne vous donnera que des flous.

Ensuite, il faut trouver un sujet. La nuit permet de donner un intérêt à un sujet qui à priori n’en a pas en journée : une rue éclairée, des décorations de Noël, la réflexion d’un éclairage sur un plan d’eau, une église, etc… Les idées ne manquent pas.

 

Bien sur, une fois le sujet choisi, il faut composer son image. C’était le sujet d’un article précédent, je ne m’étendrais donc pas.

 

Passons maintenant à la technique. Les trois réglages à effectuer son l’ouverture, la vitesse et la sensibilité. Personnellement je préfère utiliser une basse sensibilité pour éviter l’apparition de bruit (voir cet article), et une petite ouverture pour une profondeur de champ maximale (voir ici). Je me retrouve donc à utiliser des temps de pose entre 10 et 30 secondes. En plus des deux avantages précédemment cités (bruit et profondeur de champ), cela permet aussi d’effacer les gens qui pourraient passer devant l’objectif et de donner une traînée blanche ou rouge lorsque des voitures passent. Bien sur, on peut jouer sur la profondeur de champ pour détacher le sujet ou utiliser une vitesse plus rapide pour fixer un sujet mobile. Ces réglages ne sont que des pistes, à vous de faire plusieurs essais afin d’obtenir le résultat qui vous convient le mieux.

 

Bien entendu, vous prendrez toutes vos photos avec le trépied, et pour être sur de ne pas bouger, l’idéal est de mettre le retardateur : vous ne risquez pas de faire bouger l’appareil en appuyant sur le déclencheur.



 

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